Côté Marie : du désert aride aux montagnes enneigées

Nous prenons un bus d’Uyuni et quittons la Bolivie. Si nous devions retenir deux choses de ce pays, c’est qu’il cache des paysages absolument magnifiques, mais que ses habitants ne sont pas des plus aimables et accueillants (même si nous avons aussi rencontré des boliviens adorables). Et le douanier bolivien à la frontière avec le Chili ne relève pas le niveau : tout seul sur son trône, il décide de notre sort et de notre sortie ou non de la Bolivie. Il donne une amende à une voyageuse anglaise qui, soit disant, avait dépassé le nombre de jours autorisés sur le territoire. Et aux voyageurs étrangers seulement, il nous demande 15 bolivianos. Quand je lui demande pourquoi avec mon air mal aimable, il me dit que c’est parce que nous passons la frontière dans une « zone touristique ». On sait tous très bien que c’est une raison bidon et que l’argent des touristes finira directement dans sa poche. Mais nous sommes obligés de payer, faute de quoi il ne nous met pas le tampon de sortie sur notre passeport. Corruption quand tu nous tiens…

Nous arrivons dans le petit village de San Pedro de Atacama, au nord du Chili, et au coeur du célèbre désert d’Atacama, la région la plus aride du monde. L’endroit est ensoleillé toute l’année, mais il ne fait pas aussi chaud que dans le Sahara, étant donné qu’on est quand même à plus de 2000 mètres d’altitude. Le désert se compose de lagunes, geysers, vallées au paysage lunaire, volcans, salars… Comme nous avons déjà vu beaucoup de ces paysages en Bolivie, nous ferons l’impasse sur certaines excursions. À la place, nous décidons de réserver un « tour d’astronomie ». De part ses conditions optimales (altitude, sécheresse, très faible pollution lumineuse…), le désert d’Atacama est le meilleur endroit au monde pour observer les étoiles et possède beaucoup d’observatoires astronomiques. Nous voilà donc à 21h au milieu du désert, en polaire, doudoune et double paire de chaussettes. Pendant une heure une astronome nous montre les différentes étoiles et planètes, la Voie Lactée, les constellations, et nous explique la rotation de la Terre ou encore comment trouver le Pôle Sud céleste… Nous qui venons à peu près tous de l’hémisphère Nord, c’est la première fois qu’on voit clairement le ciel de l’hémisphère Sud, et nous découvrons des constellations que nous n’avions jamais vues avant : ainsi la Grande Ourse, célèbre dans tout l’hémisphère nord et permettant de repérer l’étoile polaire, fait donc place à la Croix du Sud qui permet elle de trouver le Pôle Sud céleste. Puis nous regardons le ciel à travers neuf télescopes différents. Sirius, Jupiter, Saturne et ses anneaux, nébuleuses… et puis la Lune, qui est presque pleine et dont nous voyons même différents cratères. Impressionnant !

Le lendemain nous louons des VTT et commençons à rouler vers la Vallée de la Mort. Très vite, un chien commence à nous suivre en courant. On se dit qu’il va se lasser au bout d’un moment, mais un quart d’heure plus tard il est toujours là. Notre nouveau compagnon de route, qu’on appellera Pollux, passera finalement toute la journée avec nous, courant fidèlement devant nos vélos et nous montrant le chemin. On apprendra par la suite que c’est une femelle appelée Falca et que tous les jours elle accompagne les voyageuses à vélo (oui, exclusivement des filles !) en échange d’un peu de nourriture et d’eau.

Après avoir sué comme des boeufs sur nos vélos, nous arrivons finalement en haut de la Vallée. Le panorama est impressionnant. Des dunes de sable et des roches couleur ocre. On se croirait dans Seul sur Mars.

Nous reprenons nos VTT et repartons pour la Vallée de la Lune. Les paysages sont assez similaires et toujours aussi atypiques.

En tout, c’est trente kilomètres que nous ferons à travers les deux vallées. La route qui les relie est vraiment pittoresque et tout droit sortie d’un film américain. On se croirait sur la route 66 avec ce chemin interminable, à la différence qu’au fond ce n’est pas la Sierra Nevada qu’on voit mais la Cordillère des Andes, éternelle amie qui est à mes côtés depuis le Pérou et que nous allons suivre pendant de bonnes semaines encore.

Le lendemain soir nous prenons un bus pour Santiago. Le trajet dure 23 heures, un record depuis huit mois sur la route ! Finalement le voyage ne sera pas si long que ça, puisqu’une partie se passe pendant la nuit.

Nous ferons escale quelques jours à Santiago, capitale du Chili et pour l’instant ville la plus occidentalisée qu’on ait faite en Amérique du Sud. Au programme : musée précolombien, balade dans différents quartiers, et soirée avec Scott, un ami australien d’Astrid qui vit depuis quelques mois à Santiago et qui nous fait goûter le breuvage chilien par excellence : le terremoto, autrement dit « tremblement de terre » : un énorme verre rempli à ras bord de vin blanc, un peu de grenadine, le tout agrémenté d’un sorbet à l’ananas. Le cocktail porte bien son nom. Ça se boit comme du petit lait car on ne sent pas l’alcool passé avec le goût de la glace. Par contre on sent les effets quelques temps après et on regrette un peu de l’avoir bu si vite !

Notre route nous mène ensuite à Valparaiso, à seulement une heure et demi de Santiago (on se dit d’ailleurs que le voyage en bus est étonnement court. On commence à s’habituer aux looongs trajets !). La ville est vraiment jolie et a beaucoup de charme, notamment grâce à son street art disséminé un peu partout et à ses maisons colorées. Les plus vieilles d’entre elles sont revêtues de tôle qui provenaient des conteneurs abandonnés sur le port. De même, la couleur de ces maisons vient aussi du port. Pour être vus des gros bateaux, les pêcheurs peignaient leurs embarcations de différentes couleurs. Comme leurs bateaux étaient relativement petits, les pêcheurs ne finissaient jamais les pots de peinture et les laissaient sur le port. Les habitants de Valparaiso prirent donc l’habitude de se servir de cette peinture abandonnée pour peindre leur propre maison.

Nous continuons notre route vers le sud du Chili et arrivons à Pucon, dans la Région des Lacs. Malheureusement le beau temps n’est pas au rendez-vous et nous empêche de faire les activités que nous avions prévues. Et ils annoncent la même météo pour les deux prochaines semaines ! Il faut dire qu’on n’a pas choisi la meilleure saison pour explorer le sud : on rentre dans l’hiver ici… Nous changeons donc nos plans et quittons le Chili plus tôt que prévu. Nous traversons la Cordillère des Andes et arrivons à San Carlos de Bariloche, une ville aux airs de station de ski suisse. Bienvenue en Argentine !

Nous restons deux jours à Bariloche, ville-étape dans notre long périple vers le Sud. Car oui, on descend encore. Prochaine étape : une région mythique aux confins du monde…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s