Côté Marie : sur la route du bout du monde

« Quoi, vous allez en Patagonie ? Mais c’est L’HIVER, il fait teeellement froid ! »
C’est la réponse que nous donnent les locaux à Bariloche quand nous leur disons que nous voulons continuer notre route vers le sud.
La Patagonie est une région du Sud de l’Amérique partagée entre l’Argentine et le Chili. C’est la troisième région la moins peuplée du monde, après l’Alaska et la Sibérie. Montagnes (toujours la Cordillère des Andes), lacs, glaciers, pampa… la Patagonie, ce sont des paysages à couper le souffle et une météo pouvant être très, très extrême. Alors oui, effectivement, on n’a pas choisi la meilleure période pour aller dans cette région… Il fait plus froid, beaucoup d’hôtels et d’activités sont fermés, et pour aller là-bas c’est le parcours du combattant, certaines routes étant impraticables à cause de la neige. Bon… mais on a aussi vu sur les rares blogs qui parlent de ça que la Patagonie en hiver, c’est aussi beaucoup moins de voyageurs, des prix plus bas et des paysages enneigés. Après un coup d’oeil à la météo, on décide de prendre le risque. Comme dit Astrid, « ça serait dommage de ne pas y aller alors qu’on est si proche ! ». C’est vrai.
Enfin proche… tout est relatif. La route de Bariloche à El Calafate, une des principales villes patagoniennes, est partiellement fermée en hiver à cause de la neige, et nous sommes donc obligées de faire un long détour : trois bus différents, plus de 2000 kilomètres et en tout 34 heures de voyage pour arriver à El Calafate. On commence à être habitué aux longs trajets, et finalement les 34 heures ne sont pas aussi interminables. Merci Netflix !

Arrivées à El Calafate, nous nous installons à notre hôtel qui a des airs de chalet. Serviettes de bain, savon, shampoing, TV, super cuisine équipée (depuis le début du Chili on se fait à manger, la vie étant plus chère ici qu’au Pérou ou en Bolivie), mais surtout, attention les yeux… chauffage au sol ! On n’a jamais eu un hôtel aussi « luxueux », et surtout aussi bien chauffé. Car il faut dire que depuis la Bolivie on a froid tout le temps, même dans les auberges qui sont peu (ou carrément pas) chauffées.

Avec les mises en garde des argentins à Bariloche, on s’attendait à une météo extrême et à du -20 degrés.

Il fait au moins -8000 !

En fait pas du tout ! Il fait seulement -3 degrés. On prévoit juste deux couches de tout quand on sort : deux paires de chaussettes, deux pantalons, un haut thermique à manches longues, un polaire et une doudoune. Et voilà, on est prêt à affronter le froid.
Quant au soleil, il est bien présent, pour notre plus grand bonheur. C’est juste qu’il ne se lève qu’à partir de 9h30 et se couche à 18h00. Autant dire que quand on se lève à 8h00 on a l’impression qu’il est 5h00 du matin !

Cela ne nous empêche pas de pouvoir faire tout ce qu’on avait prévu. Et nous commençons notre aventure patagonienne en beauté, avec un monument de la nature : le Perito Moreno, le glacier le plus connu de la Patagonie.

Mesurant 5 kilomètres de long sur 30 de large, le glacier avance de 2 mètres chaque jour. Pendant quatre heures nous déambulons sur plusieurs passerelles pour l’observer de plus ou moins près. Le seul bruit qu’on entend est celui du glacier qui craque de toutes parts. Par moment un bloc de glace se détache et tombe dans l’eau dans un bruit tellement sourd qu’on croirait entendre une explosion. Nous sommes scotchés devant cette merveille de la nature et on a dû mal à en détacher les yeux.

Le lendemain nous louons des patins à glace. Le lac Argentino, à côté d’El Calafate, est complètement gelé, alors évidemment on en profite ! On se lance sur cette immense patinoire avec l’élégance et la grâce d’un hippopotame. C’est tellement génial de patiner où bon nous semble sans devoir éviter les autres !

Deuxième étape de notre périple patagonien : El Chalten, à trois heures d’El Calafate. El Chalten est un petit village de 500 âmes perdu au milieu des montagnes. Comme nous dit le ranger qui nous accueille à notre arrivée : « au bout de cette route, c’est la fin de la civilisation ». Autrement dit, la Cordillère des Andes. Le village, déjà peu peuplé en temps normal, se vide de ses habitants en hiver. Nous marchons donc avec nos sacs à dos dans des rues désertes où s’alignent hôtels et restaurants fermés pendant la basse saison. On se croirait un peu dans une ville fantôme.
Si les voyageurs viennent ici c’est pour les multiples randonnées aux alentours, et surtout pour le fameux Fitz Roy, ce monstre de la nature mythique en Patagonie. Chaque été, les alpinistes chevronnés tentent l’ascension de ce mont de 3405 mètres. Nous, on se contentera de faire vingt kilomètres aller-retour pour le voir de plus près.

Le jour suivant on a moins de chance avec le temps. Ça ne nous empêche pas de faire une autre randonnée à la Laguna Torre. La vallée est recouverte d’un épais manteau blanc et donne un côté féerique au chemin.

Arrivés au bout, nous sommes impressionnés par la vue : un immense lac gelé entouré de montagnes imposantes, et au loin un glacier dont certains blocs se sont détachés et ont dérivé un moment avant que le gèle ne les immobilise. Autant dire qu’on se sent tout petit devant ce paysage grandiose.

De retour à El Calafate, Astrid doit rentrer en France, et c’est le coeur lourd que l’on se quitte à l’aéroport. On s’amusait tellement bien ensemble !

Le duo de choc ❤

Ça va me faire bizarre d’être de nouveau toute seule. Pour l’instant néanmoins, je continue ma route avec Julie et Geoffroy, un couple de français que nous avons rencontré dans le bus qui nous menait de Bariloche à El Calafate, et avec qui nous voyageons depuis.

Nous prenons un bus de cinq heures et traversons la Cordillère des Andes pour passer en Patagonie chilienne. Nous arrivons à Puerto Natales, point de départ pour le célèbre Parc National Torres del Paine. Nous louons une voiture pour découvrir les paysages les plus beaux d’Amérique du Sud.
Nous roulons sur une route enneigée, entre lacs, plaines et montagnes imposantes.

Pas âme qui vive, à part des condors, des guanacos (cousins du lama), et des Nandous de Darwin (cousins de l’autruche).

D’épais nuages menacent le ciel et quand le soleil réussit à percer, la lumière qui filtre donne aux lieux une atmosphère mystérieuse, presque mystique. On sent qu’on est vraiment en terre sauvage et hostile… Nous avons le nez collé à la vitre, hypnotisés par les paysages grandioses qui défilent sous nos yeux.

Quand nous nous arrêtons et sortons de la voiture, le froid et le vent nous cinglent le visage. À un moment nous nous retrouvons même roulés en boule sur le sol car des rafales nous empêchent d’avancer et menacent de nous faire tomber. Autant dire que le climat n’est pas très hospitalier ici !
En tout cas c’est officiel, les paysages du parc Torres del Paine sont les plus beaux que j’ai vus depuis le début de mon tour du monde.

Dernière journée de bus vers le sud. Nous roulons, prenons un ferry pour traverser le détroit de Magellan, repassons côté argentin, descendons, descendons, encore et encore… Et après douze heures de bus, mais surtout après deux mois à descendre l’Amérique du Sud depuis Cusco au Pérou (7800 kilomètres et 120 heures de bus en tout), me voilà arrivée sur l’île de Terre de Feu, au bout du monde !

Ushuaia, c’est tout simplement la ville la plus australe du monde. On ne peut pas aller plus bas, à moins de prendre un bateau pour aller en Antarctique, à seulement 1200 kilomètres. Température moyenne sur l’année : 6 degrés. En hiver il neige, et en été… il neige aussi. On se demande comment les habitants font pour vivre sur ces terres au climat extrême.
Le premier jour, tempête de neige. Ça commence bien ! Le lendemain nous profitons d’une éclaircie l’après-midi pour faire une petite croisière sur le canal de Beagle. Au programme : cormorans, lions de mer et magnifique vue sur Ushuaia et ses montagnes derrière.

ESCALE BONUS

Bon, maintenant que je suis descendue, il faut tout remonter ! Mais au moment de réserver mon vol Ushuaia – Buenos Aires, je me rends compte que les prix sont excessivement chers. En effet, la compagnie aérienne argentine applique des tarifs deux fois plus chers pour les étrangers. Adieu l’avion !

Je décide donc de suivre Julie et Geoffroy qui doivent aussi remonter à Buenos Aires et qui ont prévu de s’arrêter en route à Puerto Madryn (toujours en Patagonie), à peu près au milieu de l’Argentine. C’est donc reparti pour 36 heures de bus !

L’escale à Puerto Madryn n’était pas prévue, mais finalement je ne regrette pas du tout de l’avoir faite ! Puerto Madryn est une petite ville se situant juste à côté de la fameuse péninsule Valdès, sur la côte atlantique. Cette péninsule est reconnue pour l’incroyable diversité de sa faune : otaries, éléphants de mer, pingouins, dauphins, orques, mais surtout LA star : la baleine franche australe. À la période où nous arrivons, pas de pingouins ou d’orques car ils ont migré vers d’autres régions. Par contre c’est le moment idéal pour voir les baleines, qui viennent dans le golfe de la péninsule entre juin et septembre pour se reproduire ou mettre bas. On peut même les voir de la plage ! L’eau étant déjà profonde au bout de quelques mètres, elles peuvent nager très près du bord. Et le spectacle est tout simplement impressionnant. On a du mal à réaliser qu’à quelques mètres de nous nagent ces mammifères immenses. Nous marchons au bord de l’eau pour les suivre, les yeux rivés sur leurs nageoires, leur queue ou leur tête… On se croirait hors du temps. On entend seulement le bruit des vagues, l’expiration des baleines et leur chant mélodieux. Un moment magique !

Le lendemain nous enfilons combinaison, palmes, masque et tuba. Nous embarquons sur un petit bateau et naviguons une vingtaine de minutes sur une mer déchaînée. Arrivés à destination, nous avons droit à un comité d’accueil. Des dizaines de petites têtes sortent de l’eau et nous regardent avec intérêt. À croire qu’elles nous attendaient ! Nous plongeons dans une eau à 14 degrés. Heureusement qu’on a la combinaison ! Aussitôt, les petites têtes se précipitent sur nous. On peut dire que les otaries ne sont pas timides ! Les femelles ont accouché un peu plus tôt dans l’année, nous nous retrouvons donc avec plein de bébés très joueurs. Curieux et pas du tout farouches, ils viennent nager autour de nous et nous touchent avec leurs nageoires et leur museau. Une expérience inoubliable, qui conclut avec beauté notre périple patagonien…

Pour voir la vidéo de Patagonie, CLIQUEZ ICI

Photo bonus : samedi 30 juin, huitième de finale, France-Argentine. On est huit français à arriver en force dans un bar. Les argentins n’ont qu’à bien se tenir !

Finalement, après deux heures de tension et de cris des deux camps, les argentins du bar nous félicitent, la mine triste. Prochain match et prochaine destination : France-Uruguay à Buenos Aires…

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6 commentaires sur « Côté Marie : sur la route du bout du monde »

  1. Je n’irai pas en PATAGONIE , je n’aime pas le froid j’ai passé 8jours dans le Vercors. C’est beau la FRANCE. J’espère que tu la visiteras un jour. Bisous de Mamie Simone.

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  2. Très beaux paysages, cela fait envie et rêver.
    Je sais que tu rentres le 20/08/18. Je serai de tout cœur avec toi.
    Tes parents seront heureux ainsi que toute la famille ainsi que tes amis.
    Bisous de la famille GERIN.

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